Un lipome est une tumeur bénigne encapsulée, constituée d’adipocytes (cellules graisseuses) matures, qui se développe dans le tissu sous-cutané. Il représente environ 50 % de toutes les tumeurs des tissus mous (source : WHO Classification of Soft Tissue Tumours, 2020). Les lipomes apparaissent généralement entre 40 et 60 ans, avec une légère prédominance masculine. Ils sont le plus souvent uniques, mais environ 5 à 15 % des patients présentent des lipomes multiples (lipomatose).
Il existe plusieurs types de lipomes, classés selon leur composition histologique :
Les localisations les plus fréquentes sont le tronc (dos, abdomen), les épaules, la nuque, les bras et les cuisses. Les lipomes de la tête et du visage sont plus rares. À la palpation, le lipome est mou, lobulé, indolore, mobile par rapport aux plans profonds — ce qui le distingue du kyste (ferme, avec pertuis) et de l’adénopathie (plus profonde, moins mobile).
L’ablation d’un lipome peut être indiquée pour plusieurs raisons, conformément aux recommandations de la Société Française de Chirurgie Plastique (SOFCPRE) et de la SFD :
Une consultation spécialisée en chirurgie dermatologique permet d’évaluer la taille, la profondeur et la nature présumée du lipome, et de décider de l’indication opératoire. Pour les lipomes profonds ou volumineux (> 5 cm), une échographie des tissus mous ou une IRM peut être prescrite avant l’intervention pour préciser les rapports anatomiques.
Le traitement de référence du lipome est l’exérèse chirurgicale complète avec sa capsule. La technique opératoire est adaptée à la taille, la profondeur et le nombre de lipomes à traiter.
Lipome unique et superficiel (< 5 cm)
Lipome profond ou volumineux (> 5 cm)
Lipomes multiples (lipomatose)
Déroulement de l’intervention
L’exérèse d’un lipome superficiel se déroule sous anesthésie locale, au cabinet ou en centre de chirurgie ambulatoire. Pour les lipomes profonds, intramusculaires ou multiples, une anesthésie locorégionale ou générale peut être nécessaire, en structure hospitalière.
L’exérèse complète avec sa capsule permet de réduire le risque de récidive au même endroit à moins de 1 à 2 %. En revanche, la lipoaspiration seule (sans retrait de la capsule) expose à un taux de récidive plus élevé et ne permet pas d’analyse histologique.
Le lipome lui-même est généralement indolore à la palpation (sauf les angiolipomes). Certains patients ressentent une gêne lorsqu’il est situé sur une zone de pression (ceinture, bretelles) ou lorsqu’il comprime un trajet nerveux.
L’intervention est réalisée sous anesthésie locale (lidocaïne), ce qui garantit l’absence de douleur pendant l’acte. Seule l’injection initiale de l’anesthésique provoque une sensation passagère de piqûre. Après l’intervention, une gêne modérée ou des tiraillements sont habituels pendant 48 à 72 heures, soulagés par du paracétamol. Les lipomes volumineux ou profonds peuvent entraîner une douleur postopératoire un peu plus marquée, justifiant parfois un antalgique de palier II pendant 2 à 3 jours.
Toute intervention chirurgicale laisse une cicatrice. Pour les lipomes, l’incision est adaptée à la taille et la localisation de la tumeur. La technique d’extrusion par incision courte (incision inférieure au diamètre du lipome) permet de limiter la taille de la cicatrice pour les lipomes superficiels. La cicatrice atteint son aspect définitif en 6 à 12 mois.
Un suivi post-opératoire est organisé pour le retrait des fils (7 à 14 jours selon la localisation), la communication du résultat histologique et la surveillance de la cicatrice. En cas de signe d’infection ou de gonflement anormal, il convient de contacter le centre sans attendre.
1. Remboursement par la Sécurité Sociale
2. Coût de l’intervention
Le tarif de l’exérèse dépend de plusieurs critères :